ART ET TRADITIONS
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La blouse roumaine

La pièce centrale du costume populaire roumain est „la ia”, la chemise féminine, que l’on appelle aussi „la blouse roumaine”. Ayant, en principal, une fonction pratique, comme pièce vestimentaire, la blouse traditionnelle avait aussi un rôle de carte de visite de la femme qui l’habillait. En fonction de la qualité du matériel utilisé, des couleurs, des broderies, une blouse parlait de l’âge, de la situation sociale et matérielle de la femme, de sa région natale et de son talent dans l’art du tissage et de la couture.

Ainsi, les jeunes filles portaient des blouses traditionnelles vivement colorées et avec des motifs floraux tandis que les femmes mariées avaient des chemises en couleurs plus sobres et avec des motifs géométriques stylisés. Chaque femme et fille avait des chemises ”de chaque jour” qu’elles portaient tous les jours, au travail, et des chemises ”de fête„ qu’elles habillaient pendant les fêtes religieuses, les dimanches ou aux foires régulières.

Même s’il y avait des règles générales que toutes les femmes d’une communauté respectaient, chacune créait des vêtements qui s’assortissaient à sa personnalité et physionomie.
Grace à ça, cette chemise est présente dans toutes les régions du pays, mais avec des variations de couleur et broderies d’une région à l’autre.

Traditionnellement, les femmes étaient celles qui s’occupaient de la production des vêtements pour toute la famille. Le processus complet de confectionner une blouse était long et complexe. Il commençait avec les semailles du chanvre et du lin qui étaient après récoltés, transformes en tissus, colorés, taillés, et brodés afin d’arriver à la forme finale.
Chaque fillette apprenait à coudre, à broder, à tisser et à filer dès l’âge de 10-12 ans. Les femmes produisaient aussi les teintures en utilisant des plantes : la chélidoine pour le jaune, les feuilles et l’écorce de noyer, la prêle des champs pour le vert, etc.

Les femmes travaillaient ensemble tout au long de ce processus, dans ce que l’on appelait des ”sezatori”. Ceux-ci étaient des réunions ou les femmes filaient, coudaient, brodaient des vêtements chacune pour les besoins de leurs familles.
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